Technologie/Avec l’essor des véhicules électriques, la Côte d’Ivoire entrevoit une solution technologique et comportementale pour améliorer la sécurité routière.
En Côte d’Ivoire, les accidents de la route figurent parmi les principales causes de mortalité et de handicap, selon les données officielles du ministère des Transports. En 2024, plus de 12 000 accidents ont été enregistrés, causant plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés. Face à cette situation préoccupante, les autorités sanitaires et les acteurs du secteur du transport cherchent des solutions innovantes. L’arrivée des véhicules électriques sur le marché ivoirien pourrait bien constituer une avancée majeure pour la santé publique et le bien-être des populations.
Contrairement aux véhicules thermiques, les véhicules électriques intègrent nativement des technologies de sécurité avancées. Dotés de systèmes de freinage régénératif, de capteurs de proximité, de caméras et d’assistance à la conduite, ils contribuent à réduire les risques liés à l’erreur humaine, cause principale des accidents en Côte d’Ivoire.
Les modèles récemment introduits sur le marché national sont également conçus pour limiter les vitesses excessives grâce à des régulateurs intégrés et une accélération progressive. Une manière concrète de lutter contre la conduite agressive, particulièrement fréquente dans les grandes agglomérations comme Abidjan.
Les véhicules électriques produisent moins de bruit, moins de vibrations, et offrent une conduite plus fluide. Ces caractéristiques participent à réduire le stress au volant, facteur souvent sous-estimé dans les comportements dangereux. Moins agressés par le bruit et la chaleur des moteurs classiques, les conducteurs de véhicules électriques bénéficient d’un confort psychologique accru, propice à une conduite plus responsable.
Ce type de transport pourrait également influencer positivement le comportement des chauffeurs professionnels (taximen, livreurs, chauffeurs VTC), souvent exposés à une fatigue chronique et à des conditions de travail précaires.
Les véhicules thermiques sont fréquemment impliqués dans des accidents dus à des défaillances mécaniques : freins usés, courroies rompues, fuites d’huile ou d’essence… Autant de causes techniques évitables. Les véhicules électriques, eux, sont moins sujets à ce type de pannes. Leur moteur simplifié et leur faible besoin d’entretien limitent les risques de défaillance technique sur la route. En plus, ils ne contiennent pas de carburant inflammable, réduisant le danger d’explosion ou d’incendie en cas de choc.
Réduire les accidents, c’est aussi réduire les hospitalisations d’urgence, les cas de traumatismes crâniens, de fractures et de handicaps à vie. Chaque accident évité permet de soulager les structures hospitalières, déjà fortement sollicitées, et d’éviter des pertes humaines et économiques. L’impact sur la santé mentale des familles et des victimes est également considérable.
L’introduction progressive des véhicules électriques, en particulier dans le secteur du transport de masse, pourrait donc devenir un outil indirect mais puissant de prévention en santé publique.
Toutefois, la technologie seule ne suffit pas. Pour que les bénéfices en matière de sécurité routière soient durables, il est impératif d’accompagner cette mutation par des formations spécifiques à la conduite électrique, une sensibilisation renforcée à la sécurité routière, et un contrôle accru de l’état des véhicules en circulation, qu’ils soient électriques ou non.
La mobilité électrique représente plus qu’un simple changement de motorisation. En favorisant une conduite plus stable, plus silencieuse, plus sûre, elle pourrait devenir un levier majeur pour la réduction du taux d’accidents en Côte d’Ivoire. Un pas important vers un transport plus humain, plus sain, et plus respectueux des vies.
Hermann Adepo
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